Au final, j'étais accroc. Dévorée par cet aspect dévastateur qui n'est pas identifiable. C'était comme ça, indomptable et continu. Je ne savais plus très bien si c'était la poudre dans mes narines qui me chatouillait le cerveau, l'herbe dans mes poumons qui me détruisait la voix, l'alcool dans mon foie qui me rendait dingue ou simplement ce sentiment imperturbable qui m'arrachait le c½ur. C'est difficile de faire comprendre à quelqu'un qui se défonce sans frontières qu'il n'est plus lui-même, qu'il est camé.
Au début c'était aléatoire, une simple " petite débauche " qui ne faisait de mal à personne. Et puis, au fur et à mesure du temps, des drogues, du changement, de l'attraction, c'est devenu fréquent et normal. Un petit rail bien net et précis sur la main à sniffer à l'horizontale ou un pétard à faire sous un pont à plusieurs. Après c'était de la surdose, de l'obsessionnel, un manque beaucoup trop fort et une surcharge de bads beaucoup plus puissants.
J'avais recommencé à trembler comme avant et puis quand on me regardait trop je souriais et disais aux autres "c'est bon, c'est fini, t'as vu je gère" et ils riaient et oubliaient pendant que je m'arrêtais malgré moi. Certains dirons que j'étais malade, que je le suis. Eh bien non, c'était juste ça mon rêve de départ, mon issue de secours. Mais quel secours, quel secours! C'est un peu mon World Trade Center à moi.


